Questions au Gouvernement : Reconnaissance nationale aux soignants


 
Question au gouvernement de Paul-André Colombani:
 
Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, mes très chers collègues,
 
La crise sanitaire sans précédent que nous traversons a brutalement mis en lumière les forces de notre système de santé mais aussi, et surtout, ses faiblesses.
 
A tel point que nous avons craint qu'il ne finisse par céder sous le poids des conséquences d'une politique de réduction des moyens alloués à la santé, qui pèse sur lui depuis deux décennies.
 
En tant que médecin, j'ai pu en constater les failles suite à l'apparition en Corse du cluster d'Ajaccio : manque de gel, de masques, de lits de réanimation et de personnel.
 
Les capacités de réaction et d'innovation de nos territoires ont cependant permis de répondre efficacement à l'échelle locale, afin d'endiguer un virus qui, lui, n'est pas jacobin.
 
Le pire a certes été évité, grâce aux personnels soignants qui, malgré une extrême tension psychologique et physique, ont lutté avec courage et ténacité en première ligne. Nous les en remercions à nouveau.
 
 
 
Mais ce ne sont pas des remerciements qu'ils nous demandent, ce sont des changements.
 
Le « Ségur de la santé », qui n'est pas moins que le 6ème plan de votre gouvernement pour sauver ce secteur qui demeure en profonde souffrance, doit donc être à la hauteur de l'évènement.
 
Vu les circonstances exceptionnelles, vous devez changer de logiciel et vous affranchir de votre méthode habituelle : une vaste concertation, de multiples annonces et peu de concrétisation. 
 
Sur la forme, les professionnels de la santé ne se contenteront pas de nouveaux effets d'annonce, auxquels ils ne croient plus.
 
J'en veux pour exemple le flou qui entoure le financement d'une prime exceptionnelle aux personnels des établissements privés à but non lucratifs, dont les critères ne sont pas finalisés à ce jour.
 
Au contraire, ils réclament des mesures fortes, concrètes : une revalorisation du salaire des soignants ; une amélioration de leurs conditions de travail ; ou encore la fin de la logique désastreuse de fermeture des lits et des hôpitaux de proximité.
 
 
 
 
Derrière ce manque de moyens se cache également un dysfonctionnement dans l'organisation des soins. Car la crise du Covid-19 est aussi celle de la technostructure sanitaire et de son hospitalocentrisme.
 
Le Ségur de la santé doit permettre, d'une part, de désengorger l'hôpital en facilitant son articulation avec la médecine de ville et, d'autre part, de repenser le mode gouvernance de notre système au profit d'une nouvelle organisation basée sur nos territoires.
 
Saurez-vous répondre à ces attentes, nombreuses et légitimes, ou ce Ségur sera-t-il un nouveau coup d'épée dans l'eau ?
 
 




Facebook
Twitter